Les verres conçus pour freiner la myopie des enfants ne sont plus un marché confidentiel. Le 20 octobre, EssilorLuxottica, le géant franco-italien de l’optique, a publié ses ventes du troisième trimestre 2026. Le groupe y met en avant une ligne qui progresse plus vite que l’ensemble de ses activités : les solutions de gestion de la myopie, emmenées par le verre Stellest. Pour les parents d’enfants qui portent des lunettes, ces chiffres en disent long sur la place que prend désormais ce type d’équipement chez l’opticien.
Plan de l'article
Ce que révèlent les ventes du troisième trimestre #
Sur la période de juillet à septembre, EssilorLuxottica a réalisé un chiffre d’affaires de 7,486 milliards d’euros. C’est 9 % de plus qu’un an plus tôt, ou 7,2 % à taux de change constants, selon le compte rendu publié par le magazine professionnel américain Vision Monday. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes atteignent 22,304 milliards d’euros.
Dans ce total, la myopie fait figure de locomotive. Les solutions dédiées progressent de 24 % sur le trimestre comme depuis le début de l’année, « portées par l’adoption des verres Stellest », d’après le même article. Le directeur financier du groupe, Stefano Grassi, y explique que Stellest a bien progressé pendant la période de la rentrée scolaire.
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Pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, la zone dont dépend la France, le groupe annonce 2,890 milliards d’euros de ventes trimestrielles, en hausse de 7,5 % à taux de change constants. Le détail par pays n’est pas communiqué.
Un verre freinateur, comment ça marche ? #
Un verre classique corrige la vision de loin : l’enfant voit net, mais rien n’est fait pour ralentir l’évolution de sa myopie. Les verres dits « freinateurs » ajoutent à cette correction une structure optique particulière, répartie autour de la zone centrale du verre. L’objectif affiché par les fabricants est de freiner l’allongement de l’œil, qui est à l’origine de l’aggravation de la myopie pendant la croissance.
Stellest, le modèle d’Essilor, en est l’exemple le plus connu. D’autres verriers proposent leur propre technologie, et il existe aussi des alternatives comme certaines lentilles de contact ou des collyres prescrits par l’ophtalmologiste. Tous ne conviennent pas à tous les enfants : le choix dépend de l’âge, du niveau de myopie, de son rythme d’évolution et des habitudes de l’enfant.
Pourquoi la rentrée compte autant
Le commentaire du groupe sur la rentrée n’a rien d’anodin. C’est souvent à ce moment que les difficultés à lire le tableau apparaissent, que l’enseignant alerte la famille ou que le bilan de vue annuel est programmé. Pour un opticien, septembre et octobre sont donc des mois chargés en premières lunettes et en renouvellements d’équipement pour les plus jeunes.
Ce que cela change pour les familles #
La hausse des ventes montre surtout que ces verres sont de plus en plus prescrits et demandés. Pour autant, un verre freinateur ne s’achète pas comme une monture de soleil. Quelques repères restent valables, quel que soit le fabricant.
Tout part d’une consultation. C’est l’ophtalmologiste qui pose le diagnostic de myopie, en mesure l’évolution et décide si un dispositif de freination est indiqué. L’opticien réalise ensuite l’équipement à partir de l’ordonnance.
Le centrage est déterminant. Ces verres reposent sur une géométrie précise : la zone centrale doit être alignée sur la pupille de l’enfant. La prise de mesures, le choix d’une monture adaptée à la morphologie du visage et l’ajustage sur le nez et les oreilles comptent autant que le verre lui-même. Une monture qui glisse décale la zone utile.
Le port doit être régulier. Les fabricants conditionnent l’efficacité annoncée à un port quotidien prolongé. Des lunettes qui restent dans le cartable n’ont aucun effet.
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Le suivi s’inscrit dans la durée. La myopie de l’enfant se surveille sur plusieurs années, avec des contrôles réguliers chez l’ophtalmologiste et un réajustage de la monture au fil de la croissance.
Côté budget, ces verres sont plus chers que des verres unifocaux classiques, et leur prise en charge varie selon le contrat de complémentaire santé. Mieux vaut demander un devis détaillé et le transmettre à sa mutuelle avant de valider l’équipement.
Les lunettes connectées ralentissent #
L’autre chiffre attendu de cette publication concernait les « wearables », c’est-à-dire les lunettes à intelligence artificielle conçues avec Meta et les lunettes auditives Nuance Audio. Leur chiffre d’affaires a atteint 486 millions d’euros au troisième trimestre, en hausse de 20 % à taux de change constants, détaille le site spécialisé Acuité. Cela représente environ 6,5 % des ventes du groupe.
La croissance reste solide, mais elle ralentit nettement par rapport aux trimestres précédents, souligne le site Mixed. Le groupe ne sépare pas les ventes des lunettes Ray-Ban Meta et Oakley Meta de celles de Nuance Audio : impossible donc de savoir quelle famille de produits tire ou freine le total. La direction compte sur de nouveaux lancements et sur Nuance Audio Plus, sorti à la mi-septembre, pour les fêtes de fin d’année.
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Ce qu’il faut retenir #
La correction visuelle classique reste le cœur du métier, mais la prise en charge de la myopie de l’enfant devient l’un des segments les plus dynamiques de l’optique. Le premier verrier mondial le confirme dans ses chiffres, et l’effet de la rentrée scolaire y est visible.
Si votre enfant porte des lunettes et que sa correction augmente d’une année sur l’autre, parlez-en à l’ophtalmologiste lors du prochain contrôle. Il pourra dire si un verre freinateur ou une autre solution est pertinent. Votre opticien se chargera ensuite de la monture, des mesures et de l’ajustage, qui conditionnent le bon fonctionnement de ces verres.




